Que vaut un logiciel (ou sa propriété intellectuelle)?
Actuellement, que ce soit lors d’une fusion, d’une acquisition ou d’une faillite, la valeur d’une solution logicielle – ou d’une propriété intellectuelle – est définie par les ventes précédentes et les revenus précédents de la commercialisation passée. Parlant de mécaniciens. Évalues-t-on à la hausse une voiture qui a plus de kilométrage? La réponse est clairement non! Alors pourquoi évalues-t-on ainsi la valeur d’actifs technologiques!
Voilà selon moi le problème actuel. Nous évaluons actuellement les logiciels et propriétés intellectuelles d’une entreprise technologique, exactement de la même manière que nous évaluons une usine manufacturière.
- Les ordinateurs et serveurs = la machinerie de production
- Les équipes de développement = les ouvriers de productions
- Les logiciels et réalisations = Les produits manufacturés
Ce qui est un mauvais rapprochement.
1. Les ordinateurs et serveurs se rapprochent plus de la fourniture de bureau
2. Les équipes de développement sont constitués de professionnels très qualifiés, et même hautement qualifiés. L’efficacité d’une équipe de développement dépend de sa force principalement intellectuelle et non physique. Les tâches et activités réalisés sont rarement, ou jamais, redondantes et répétitives (sinon on a un problème!). La performance d’une équipe dépend directement de ses membres constituants (je pourrai m’étaler beaucoup plus sur le sujet, mais je me retiens).
3. Les logiciels ne sont pas le fruit d’une production de masse. Aucuns deux logiciels ne sont identiques! Le logiciel est de l’ordre de l’intangible. Il requiert un soutien continu, une maintenance et une connaissance technique avancé et renouvelé.
Les logiciels ne sont nés égaux! Dans le modèle d’évaluation actuel, une compagnie qui aurait investi plusieurs années de recherche de développement pour un produit et puis décide de commercialiser. Sans vente, cet actif ne vaut pas grand-chose. Voilà ce que je propose, comme éléments d’évaluation :
- L’équipe en place : sa loyauté, ses compétences, les profils, etc…
§ Si le plus ancien membre de l’équipe, y est depuis 2 mois par exemple!
- Les méthodologies et techniques de développement et de gestion de produit.
- La technologie adoptée : environnement, infrastructure, choix technologiques, environnement de développement, etc…
§ Une application .NET versus une autre identique en Pascal, par exemple !
§ Une application avec 100% de tests fonctionnels versus une autre avec 0% !
§ Une application “unit-testé” versus une autre qui ne l’est pas !
- Capacité de transfert de connaissance : documentation, tests unitaire, tests fonctionnels, tests de GUI, etc…
- La qualité et structure organique et fonctionnelle : Design patterns, architecture en place, etc…
- Et évidemment, les ventes comme autre critère.
Donc voilà, maintenant que vaut vraiment un logiciel ?

